Adrien Blanc

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lundi 5 septembre 2011

Une semaine à Visa pour l'image

Le gratin mondial des photoreporters était à Perpignan cette semaine. Non, la capitale de la Catalogne française, très prisée des touristes européens pour ses plages, n'était pas frappée par un conflit ou une catastrophe. Perpignan accueillait le 23ème Festival international du photojournalisme, réunissant les auteurs des célèbres photos sur le Printemps arabe, la Côte d'Ivoire ou le Japon, mais aussi d'autres professionnels, des amateurs, et moi.

L'an dernier je n'avais pas pu y assister car je travaillais à l'autre bout de la France. Je me souviens combien je l'avais regretté car c'est un festival où on fait des rencontres passionnantes avec ces premiers témoins des sursauts de la planète. Alors pour tous ceux qui aimeraient aller à Perpignan mais ne le peuvent pas, voici mon récit de Visa pour l'image.

Les « badged »

Quand je suis arrivé, la ville était parée comme pour un jour de fête. Banderoles rouges et blanches suspendues aux lampadaires, drapeaux flanqués du logo rectangulaire ornant les monuments, des expositions improvisées sur les terrasses des cafés et des restaurants. Je cherchais désespérément une place de parking entre le canal et la vieille ville quand un homme bedonnant et mal habillé a surgi devant moi en faisant de grands gestes. Il m'indiquait une place libre. Après m'avoir aidé à me garer, il m'a tendu sa main déjà pleine de pièces jaunes, visiblement heureux que la ville attire tant de clients.

Les conférences avaient lieu au Palais des Congrès. Pour le trouver, j'ai simplement emboîté le pas des 3000 photographes accrédités. En petits groupes, discutant en anglais, ils ne se déplaçaient jamais sans leur « boîtier » (leur appareil photo). Ils le portaient sous le bras ou collé sur la figure pour capter chaque instant de l'aventure. Ces photographes étaient surnommés les « badged » parce qu'ils avaient un badge à leur nom suspendu à un collier rouge. Celui-ci donnait accès aux ateliers de formation et à certaines projections privées. Moi, trop radin pour débourser les 60 euros de frais d'inscription, je regardais ces « badged » avec jalousie.

Tout ce petit monde s'est retrouvé dans la grande salle du Palais des Congrès, une auberge espagnole : on y entrait, on en sortait, on y dormait, on y mangeait malgré l'interdiction, on y téléphonait, on y twittait, on y retrouvait des amis du bout du monde. Pendant ce temps sur scène, les reporters se succédaient pour raconter leur pays, celui où ils avaient passé des mois voire des années pour réaliser les projets photographiques présentés sur grand écran derrière eux. Heureusement, cette foule internationale était remarquablement disciplinée, ménageant de longs silences dans les moments d'émotion.

D'une guerre à l'autre

Entre chaque conférence, je me précipitais dans les lieux d'exposition. Ils étaient éparpillés dans la vieille ville, nichés dans un couvent, une église, une caserne militaire, un palais médiéval et une ancienne université. Ainsi, pour aller de l'exposition de Jonas Bendiksen sur le réchauffement climatique au Bangladesh à l'exposition de Fernando Moleres sur les prisons africaines, j'ai traversé le quartier gitan puis le quartier arabe, un labyrinthe de ruelles étroites, puantes et animées. Mais à force de courir d'un pays à l'autre, d'une guerre à l'autre, j'en avais le tournis. Où ai-je vu cette ambulance criblée de balles ? En Tunisie, en Egypte ou au Yémen ?

Alors, chaque après-midi, après avoir déjeuné sous les arbres du square Bir Hakeim, j'allais me reposer dans la salle de projection de webdocumentaires, dans la caserne Gallieni. L'ambiance était sinistre car les témoignages et certaines images étaient difficiles à supporter mais la qualité des films m'a scotché à ma chaise en plastique. Je me souviendrai toujours du diaporama sonore sur les enfants camés d'Ukraine ou encore du documentaire fouillé sur le Pakistan.

Par contre, je suis resté perplexe devant « La Zone », webdocumentaire primé par France 24 et RFI. C'est une succession de séquences de plusieurs minutes, quasi muettes, parfois mal éclairées, sur une ville contaminée par la catastrophe de Tchernobyl. On suit la vie quotidienne des habitants, lorsqu'ils vont ramasser des champignons ou récupérer de la ferraille. Le rythme est tellement lent, le décor si lugubre que j'avais l'impression de regarder une vieille photo en noir et blanc.

Photographe et défibrillateur

La presse (AFP, Libération) et de nombreux visiteurs ont dénoncé la tristesse de ce Visa pour l'image 2011. « So many dead ! » (« Tant de morts ! ») s'est exclamée une spectatrice à l'issue d'une projection au Campo Santo. Moi-même j'avais la nausée à la fin de la semaine mais je n'oublierai jamais l'extraordinaire espoir des photojournalistes. Catalina Martin-Chico sautillait sur place en racontant ses journées passées avec des femmes yéménites révoltées, Bertrand Gaudillère bouillait de colère en évoquant le cas de Guilherme, sans-papiers en France. Même Peter Dench a éveillé les consciences avec ses photos humoristiques sur les Anglais. « Je suis le défibrillateur du festival, a-t-il dit. Au milieu de tous ces morts, je vous ramène à la vie ».

Je pourrais aussi aborder les débats sur l'impartialité des journalistes, sur le manque de financement pour les grands reportages et sur la domination des médias occidentaux, mais cet article de blog se transformerait vite en compte-rendu. Je vous incite donc à participer à ce genre de débat (y compris en commentaire de cet article) et à aller à Perpignan voir les expositions de Visa pour l'image, qui restent ouvertes jusqu'au 11 septembre.

vendredi 29 avril 2011

Kate et William terrassent Al-Qaida

Ce vendredi soir, en mangeant mon ragoût devant le journal télévisé, je me suis amusé à comptabiliser le temps accordé par les journalistes au traitement des deux infos internationales majeures (« IN-CON-TOUR-NABLES, coco ! ») de la soirée : la bague au doigt pour Kate Midleton et une bombe pour les touristes français à Marrakech. Le score est indiscutable : 1 point pour le mariage princier britannique – 0 pour l’attentat au Maroc. Si c’est bien Al-Qaida qui est derrière l’explosion, leur plan com’ mortel a échoué.

Voyez plutôt :

Sur France 3, à 19h30, le journal ouvre sur le mariage de la roturière avec le Prince William. Les reportages et les directs s’enchaînent pendant 7 minutes. Puis on passe à l’attentat de la place Jema el-Fna qui occupe 4 minutes du JT, soit presque 2 fois moins. Evoquant l’hypothèse d’un coup d’Al-Qaida, un journaliste suggère que l’organisation terroriste tente de revenir sur le devant de la scène après les révolutions arabes. Si c’est le cas, elle a mal choisi son jour.

19h45, je zappe sur M6 : le journal est quasi entièrement consacré aux tourtereaux de Buckingham Palace ! La cérémonie, la joie de la foule, le coût de la fête… “Le mariage du siècle” est scruté sous tous les angles pendant 15 minutes, alors que le Maroc n’a droit qu’à 3 minutes sur 20 minutes de journal.

Midleton.png

20 heures, heure de la grand messe sur TF1 et France 2. Et là on peut dire sans ironie qu’il y a de la diversité dans les journaux télévisés français. Claire Chazal prend la route de Londres alors que Laurent Delahousse s’envole pour Marrakech.

Mais là encore le traitement est largement favorable à l’amour : TF1 consacre 28 minutes au mariage princier (26 minutes au début puis 2 minutes à la fin, dans un journal qui a duré 40 minutes), soit deux fois plus que France 2, qui a relégué le glamour en fin d’émission (avec sur le plateau : Stéphane Bern, spécialiste du bling-bling has been). La proportion s’inverse quand il s’agit de l’attaque présumée terroriste : la Deux en parle pendant 16 minutes en début de journal contre 6 minutes en milieu d’édition pour la Une.

Résultat du match de ce vendredi soir : 1 heure d’actu people contre 30 minutes d’info anxiogène.

Faut-il s’en réjouir ? S’en inquiéter ? Tapez 1, 2, 3 ou 6 pour voter pour votre JT préféré.

Maroc.png

dimanche 27 mars 2011

Mais qu'est-ce que tu fous sur twitter ?

C'est une question que je me pose tous les jours ! Quand je me suis inscrit sur twitter, c'était pour un usage purement professionnel, ou plutôt étudiant. C'était en 2009, j'étais à l'école de journalisme de Grenoble. Je me suis mis à suivre des journalistes qui parlent de journalisme.

Mais aujourd'hui ? Je suis abonné aux mêmes personnes mais est-ce que je lis vraiment les « informations sérieuses » qu'elles m'envoient ? Est-ce que je ne me laisse pas avoir par le buzz, le futile, l'éphémère ?

Ce weekend, je me suis livré à une petite expérience que chacun devrait tenter : pendant 24 heures, j'ai noté tous les messages qui ont attiré mon attention sur twitter.

Et là, surprise : une minorité des messages que je lis correspondent à ce que je suis venu chercher. Tous les autres attisent simplement ma curiosité, jusqu'à me pousser à cliquer sur un lien ou à chercher à en savoir plus. C'est un peu comme dans un supermarché quand, en allant au rayon fruits et légumes, vous vous arrêtez devant les confiseries et vous bourrez votre chariot de choses que vous n'aviez pas prévu d'acheter.

A titre de preuve, voici donc les sujets que j'ai consultés au cours de ces dernières 24 heures...

Salut nazi et Lactalis :

Le bruit du Net, le buzz, m'a envouté ! Je n'ai pas résisté aux blagues de Nicolas Sarkozy qui sèche sur le dossier Lactalis, j'ai été horrifié par la photo de cet élu Front national qui fait le salut nazi et je me suis cassé la tête sur cette pub trouvée par Vis ma vie de pigiste (si quelqu'un peut expliquer ce qu'elle signifie...)

L'actu brûlante :

De la fonte du réacteur de Fukushima à une manifestation pro-Kadhafi à Paris, je n'ai pas pu m'empêcher de cliquer sur des liens qui renvoyaient vers des sites d'actualité, alors que je préfère m'informer par les médias traditionnels.

Les reportages qu'on ne trouve nulle part ailleurs :

Voilà pourquoi je passe tant d'heure sur twitter. On y trouve des articles inattendus mais passionnants :

  • L'interview de Phil Bennett, ancien journaliste au Washington Post (via l'institut américain de formation Poynter)
  • La corruption au Parlement européen (par Jean Quatremer, correspondant du journal Libération à Bruxelles)
  • Mal être au ministère de l'Environnement (via Eric Mainville, conseiller en nouveaux médias)
  • Comment l'OTAN s'est servi de l'épouse de Vaclav Havel pour faire taire Jacques Chirac (via bruxelles2, blog sur l'Union européenne)
  • Veolia débordé, un reportage d'Arte radio
  • Des soutien-gorges rembourrés pour les gamines de 8 ans (sur Owni)
  • Le portrait de Claude Angeli, journaliste au Canard Enchaîné (via Pierre Aski, directeur de Rue 89)
  • Les bébés sans-papiers en danger de mort au Nebraska (via Maître Eolas, avocat)
  • Portraits de blogueurs (via 1oeilsurlaphoto)


Un peu d'actu sur le journalisme quand même :

En 24 heures, j'ai appris que le New York Times lançait son système d'achat d'articles sur Internet, que l'AFP parle politique la veille d'une élection (est-ce légal ? demande Pierre Breteau, étudiant en journalisme à Bordeaux), que Google publie un magazine (info trouvée par le journaliste Pierre France) ou encore que des médias mexicains luttent contre le crime organisé (article du Committee to Protect Journalists).

#redfutur :

Grâce au mot clé #redfutur, j'ai pu suivre en direct un débat sur l'avenir des rédactions des médias à l'heure du web. Quand je dis "en direct", c'était à la fois sur twitter, grâce aux commentaires des participants, et en vidéo sur le site de l'Observatoire des médias.
En fait, j'ai vite laissé tomber car dès que je perdais le fil de la conversation, j'étais paumé. Et puis c'est lassant de suivre sur son ordinateur une personne qui parle pendant un quart d'heure dans un micro qui crachouille.

Des infos de geeks :

Le champion des fans de nouvelles technologies est le consultant Jean-Luc Raymond. En plus il a l'art de trouver les titres qui font mouche : « Peut-ont éteindre l'Internet ? », « 7 Ways to Totally Destroy Your Reputation on Twitter », « Les meilleures applications pour iPhone » et « Je veux être présent sur les médias sociaux ».
Je n'ai pas d'iPhone et je ne crois pas être un narcissique du web. Pourtant j'ai dévoré ces articles. Allez savoir pourquoi !

Des blagues, des blagues !

Mes préférées : « Refroidis-moi le réacteur ! » (Pierre Breteau) « "On est vieux à 20 ans" Connasse d'Alizée tu vas te prendre mes 25 ans dans la gueule » (Benjamin Poulin, prof à l'Ecole Supérieure de Journalisme de Paris) Et plein d'autres à découvrir sur la page d'accueil de Twitter ou sur toptweets_fr.

Faites l'expérience, notez les messages qui ont attiré votre attention, vous serez surpris du résultat !

mardi 8 mars 2011

Councilpedia, le site qui surveille l'argent des politiques

Councilpedia est un peu le Wikileaks de la politique locale, sauf que toutes ses informations ont été obtenues légalement (pour l'instant). Le site web, basé sur le système wiki, agrège et rend compréhensibles des listings éparpillés sur le web. Il a été créé pour cela il y a un mois par un journal de New-York, le Gotham Gazette, lui-même inventé par une fondation pour la démocratie.
Councilpedia surveille l'action politique des 51 membres du City Council de New York, l'organe législatif de la ville. Il est alimenté par le journal et par les internautes. On y trouve la biographie de chaque élu bien sûr, mais aussi la liste de toutes les lois qu'ils ont soutenues, de leurs votes en assemblée et autres informations a priori ennuyeuses. Mais il y a une liste qui fait grincer les dents des élus : celle de leurs donateurs de la campagne électorale de 2009.

Des liaisons peu avouables

Dans un point d'étape sur l'avancement du projet (publié sur MediaShift Idea Lab), la rédactrice en chef du Gotham Gazette jubile :

« Ce que certains membres du Conseil ne semblent pas apprécier, mais alors pas du tout, c'est que nous publiions le montant des contributions financières des industriels de l'immobilier. L'immobilier - les promoteurs, les spéculateurs, le bâtiment - sont probablement le groupe d'intérêts le plus important dans les affaires politiques de New York. De nombreux hommes politiques de New York ont recours à eux. Il espèrent simplement que les gens ne le voient pas. Councilpedia rend le secret plus difficile à garder. »

A noter que les informations sur le maire de New York, Michael Bloomberg, ne sont pas encore disponibles, car ce puissant multi-millionnaire ne recevrait pas de dons.
Councilpedia, un nouveau site au service de la transparence des affaires publiques ? Pour l'instant il n'en est qu'à ses balbutiements mais espérons qu'il se développera dans d'autres villes du monde, et pourquoi pas au niveau des gouvernements des Etats.

mardi 14 décembre 2010

Comment peut-on être reporter de guerre ?

En janvier dernier, sur Europe 1, Claude Guéant fustigeait le scoop qui « ne doit pas être recherché à tout prix ». Le secrétaire général de l'Elysée parlait de l'enlèvement d'Hervé Ghesquières et Stéphane Taponnier. Par leur faute, les militaires seraient « détournés de leur mission ».

40 ans plus tôt, c'était un autre journaliste, Patrick Chauvel, qui entendait la même réflexion de la part d'un chirurgien après avoir été touché par une rafale :

« Vous en avez pas marre de faire les cons ?... J'ai assez de boulot comme ça ! »

En 1972, le photographe, fils du reporter du Figaro Jean-François Chauvel, est au Cambodge. Il couvre la guerre civile. Et puis 5 ans plus tard, il se fait engueuler par l'ambassadeur de France au Liban, qui l'a fait libérer d'une prison syrienne.

Pourtant, après chaque blessure, chaque arrestation, Patrick Chauvel repart. Au total, près de 30 ans de conflits racontés dans un livre : Rapporteur de guerre. (2003, Oh! Editions)

« Ce qui sidère toujours les soldats, c'est que je suis volontaire. Quand ils comprennent que je ne plaisante pas, ils me regardent bizarrement, un peu comme on regarde un demeuré. »

Danger. Patrick Chauvel côtoie la mort dès son premier reportage, à l'âge de 18 ans. Il accompagne des soldats israéliens pendant le Guerre des Six Jours.

« Je suis en train de parler au type sur le blindé lorsqu'il sursaute. Il a comme un hoquet, sa bouche s'ouvre, il a l'air surpris. Il pose maladroitement sa boîte-ration, me regarde - on dirait qu'il sourit - puis bascule en avant et me tombe dessus.
"Hé aidez-moi ! Il est blessé !"
Tout le monde s'est jeté par terre. Je retourne le type : il a du sang plein la bouche. Il est mort ! »

Mais cette expérience ne décourage pas le jeune reporter. Il travaille avec la peur, l'adrénaline, la boule au ventre, la nausée, le coeur qui tambourine. Je serais curieux de savoir comment il a pu supporter tout ça.

Faim. L'auteur ne dit pas comment il trouve à manger dans le désert du Mozambique ou dans la jungle du Cambodge. A croire que la question est secondaire.

Quand il n'est pas à l'hôtel, il dort par terre, parfois sous les bombardements. Même dans la guerre, il rit et... assouvit ses désirs. Ce livre nous offre une histoire d'amour avec une prostituée vietnamienne et une scène d'amour avec une combattante palestinienne :

« Elle crie, j'ai l'impression que tout Beyrouth nous entend, une série de rafales salue notre plaisir. »

Manipulation. Le photoreporter bondit d'un camp à l'autre. « Traitre ! » lui crient des soldats en pointant leur arme vers lui. « Je ne suis l'ami de personne » rétorque-t-il. Les choses se gâtent quand, un jour, un rebelle du Mozambique lui confie une kalachnikov. Patrick Chauvel proteste, puis l'accepte.

« De toute façon, je ne peux pas faire de photo. Je prends l'arme et je cours en tirant en l'air. Après tout, ils ne savent pas où je tire. Je compte sur leur peur. C'est comme si je transmettait la mienne en rafales. Déontologiquement c'est formellement interdit, sauf en cas de légitime défense. »

Tout de même... Au Liban, il est arrêté avec une arme. Il manque d'être fusillé par l'armée syrienne, qui le prend pour un espion israélien.

Argent. Bien qu'il travaille pour des magazines réputés (Time, Newsweek) et une agence reconnue (Sygma), Patrick Chauvel ne semble pas gagner beaucoup d'argent. C'est à chaque fois une galère pour envoyer ses films, planqués dans la valise d'un touriste. En fait, il ne semble avoir de l'argent que lorsqu'il est en France.

« J'ai déniché un boulot pour me faire un peu de fric : je livre le Herald Tribune, en camionnette, jusque tard dans la nuit. Je dépose des paquets de journaux dans les postes, les gares, les aéroports. Je fonce dans le noir, transportant des milliers de reportages que j'aimerais tant couvrir. Mais, contrairement aux reporters, je suis payé pour le faire. »

Le photographe tente aussi un scoop people, qui se conclut par un échec comique.

Traumatisme. L'auteur a vu passer tant de morts que le livre ressemble parfois à une rubrique nécrologique, heureusement traitée avec humanité et humour.

Patrick Chauvel est choqué par les exécutions sommaires, les vengeances, les corps déchiquetés, les familles détruites. Pourtant il ne se confie qu'en quelques mots, au détour d'un récit sur sa vie à Paris.

« Personne ne s'intéresse plus aux Erythréens et encore moins à ma pomme. Je suis au fond du trou, avec le combattant mourant qui m'obsède. Je promène le trou partout où je vais. Je sors en boîte pour me distraire, et devant l'air satisfait des danseurs je craque. »

A 61 ans, comment Patrick Chauvel vit-il avec ses souvenirs ? Est-ce qu'il sait enfin pourquoi il a été reporter de guerre ? Comment peut-on faire ce métier ? Si quelqu'un a la réponse, je suis preneur !

dimanche 4 juillet 2010

Le match sonore : vuvuzela v. Formule 1

A votre avis, quel est le plus bruyant des deux : la vuvuzela ou une Formule 1 ?





Eh bien en théorie, les deux crachent le même nombre de décibels : 130. Mais sur une ligne droite, c'est la F1 qui gagne, car elle peut aller jusqu'à 150 décibels. Pour avoir suivi l'Euro Race 2010 je peux vous dire que ça fait mal aux oreilles !